‹ Histoire de la Convention nationale. T. 2Chapitre 84 sur 137 · OBSÈQUES DE LEPELLETIER · texte numérisé non relu

OBSÈQUES DE LEPELLETIER

copiant ce sanglant modèle. Déjà on l'avait vu le 3 septembre devant la prison de la Force1, esquissant les traits convulsifs des victimes que l’on égorgeait.

Le président de la Convention monta près du lit mortuaire et déposa une couronne de chêne et de fleurs sur la tête de Lepelletier ; puis le cortège s’achemina vers le Panthéon. La Convention , les autorités municipales du département, de la commune et des sections, les tribunaux, la société des Jacobins, des détachements de fédérés formaient deux longues files. Une statue de la Liberté et d’autres emblèmes étaient portés en avant du char funéraire. Sur une bannière étaient écrites les dernières paroles attribuées à Lepelletier, qui ne les avait point prononcées. « Je suis satisfait de verser mon sang pour la patrie ; j’espère qu’il servira à consolider la liberté et l’égalité. » On portait, élevés sur une pique, ses vêtements ensanglantés.

La cérémonie se passa avec calme et gravité. De distance en distance il y eut des stations, et des discours furent prouoncés. Au Panthéon, Félix Lepelletier, frère du député, parla assez longuement et termina par ces mots : « Je vote, comme mon frère, la mort des tyrans. » Vergniaud, président de la Convention , et Barère mêlèrent à leurs hommages et à leurs regrets des exhortations à la concorde et à un commun dévouement pour la république.

La Convention déclara ensuite que la nation adoptait la fille de Lepelletier. Comme en tout cela il y avait plus de déclamation que de réalité, il ne fut désormais plus question de cette adoption.

' Rapport de Courtois.

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