‹ Histoire de la Convention nationale. T. 2Chapitre 86 sur 137 · INVESTISSEMENT DU PALAIS-ROYAL · texte numérisé non relu

INVESTISSEMENT DU PALAIS-ROYAL

nissaient tous les ennemis de la patrie et les hommes malfaisants, pour y tramer des complots contre la liberté; c’était leur repaire, et il importait de prendre une grande mesure , pour intimider tous les malintentionnés. »

Les juges de paix et les commissaires de police étaient chargés de l’exécution de cette mesure; elle leur parut si étrange, si alarmante pour la population , que plusieurs d’entre eux s’y refusèrent, malgré la colère et les menaces du représentant Duhem.

Santerre avait tout préparé pour cette expédition. Des détachements avaient été placés, comme en embuscade, dans la cour du Louvre. A huit heures du soir, à l’heure où il y avait le plus de promeneurs sous les galeries, toutes les issues furent gardées. Alors on procéda à visiter les maisons. Des fédérés marseillais accomplirent cette consigne avec un zèle brutal. Tous les magasins, les boutiques, les logements furent fouillés sans égard pour personne; des malades, des femmes en couche étaient soumis à cette perquisition.

D’après le rapport de Santerre, six mille personnes furent trouvées sans carte de civisme et amenées à leur section , afin de reconnaître les émigrés « et les négligents qui, dans un moment où les patriotes terminaient leur guerre contre les aristocrates, marchaient sans preuve de leur civisme. » Le commandant de Paris, en se félicitant de son succès, disait : « 11 ne nous restera aucun ennemi au centre; nous les chasserons comme des bêtes enragées. Si chaque bon républicain surveille la maison qui l’avoisine, sous trois mois la paix extérieure et intérieure sera

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