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ARRESTATIONS ARBITRAIRES

faite, et la république française sera plus belle que Rome dans ses plus beaux jours. »

Ce blocus de la promenade publique la plus fréquentée alors effraya beaucoup Paris. Plus tard, il fallut s’y accoutumer : cerner le Palais-Royal devint une manœuvre assez commune de la police révolutionnaire; mais elle n’était plus accompagnée de la fouille des maisons.

A cette époque, les Girondins tentèrent de devenir les défenseurs de la liberté individuelle; c’en était fait de la liberté politique. Des classes entières étaient sans nulle garantie contre l’arbitraire; mais les citoyens tranquilles, qui se tenaient à l’écart des discordes publiques, allaient être aussi menacés dans leur personne et dans leur propriété; une police inquisitoriale gênerait la vie commune, troublerait les relations sociales ; le pouvoir serait prochainement livré aux volontés sauvages et insensées de fanatiques et de brigands; la prison et l’échafaud seraient mis à leur disposition. C’est ce désordre érigé en système que les hommes de la Gironde prévoyaient. Ils le retardèrent de quelques mois et commencèrent par là à gagner l’estime des honnêtes gens.

Le lendemain de l’invasion du Palais-Royal, Buzot essaya de parler des arrestations arbitraires; il eut, ainsi que le président, besoin de beaucoup de fermeté pour dompter le tapage de la Montagne. Enfin il se fit entendre. « Votre comité blesse tous les jours la liberté individuelle. Il a fait arrêter le rédacteur d’un journal estimable, qui s’élevait avec force contre les anarchistes de toute espèce. Si vous ne réprimez pas votre comité, vous substituerez des mesures in-

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