BA8SEVILLE ASSASSINÉ A ROME
non pas les Anglais , mais les habitants des départements.
Quelques paroles furent aussi échangées sur les dispositions favorables que la France pourrait trouver parmi les patriotes hollandais et la population d'Amsterdam. Fonfrède se chargea de lever tous les doutes; il dit que, dans la tentative de révolution qui avait échoué en 1 T88, l’orgueil de la bourgeoisie avait été aux prises avec le despotisme du stathouder. « La masse des Hollandais est riche ; elle n’est donc pas amie de nos principes; si vous avez quelques amis, ce doit être seulement dans la classe des sansculottes. >>
La Convention n’ignorait point quelles classes elle pouvait espérer de susciter en faveur de l’invasion française. Déjà, par un décret du 19 novembre, elle avait promis protection et secours à tous les peuples qui voudraient renverser leurs gouvernements; déjà elle avait établi sur la Belgique tout le régime révolutionnaire ; pour n’en point laisser ignorer les effets, Danton, en demandant la réunion du pays conquis, disait : « Prononcez-la, et alors vous ferez exécuter les lois françaises, et vous purgerez la terre de la liberté, des aristocrates, nobles et prêtres. »
Ainsi , il était désormais entendu que la guerre était faite non-seulement contre les despotes, mais contre la société européenne constituée comme elle l’était et qu’il s’agissait de supprimer, par la tyrannie, l’exil et l’échafaud, les classes éclairées et riches.
D’un autre point de l’Europe arriva une preuve nouvelle que la république ne pouvait compter dans cette guerre sur le concours des populations. La
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France avait alors à Rome un chargé d’affaires nommé Basseville et un consul qui, selon l’usage, avait sur sa porte les armes de France. Il devait substituer aux fleurs de lis l’écusson de la république; mais le gouvernement ponfiûcal, craignant quelque mouvement populaire, l’engageait à différer ce changement.
M. de Flotte, officier de marine, arriva de Naples envoyé par l’ambassadeur de France , et apportant l’ordre de placer , dans les vingt-quatre heures , le nouvel écusson. Le chargé d’affaires et le consul remontrèrent à M. de Flotte le danger de braver l’opinion publique dans une ville, où le peuple était attaché à son culte et à sa religion et portait une haine déclarée aux Français; l’officier ne voulut pas écouter ces prudentes objections.
Le 13 janvier, M. Basseville et sa femme se promenaient en voiture avec M. de Flotte ; ses gens portaient la cocarde tricolore ; le peuple s’assembla en tumulte; un déluge de pierres tomba sur la voiture. M. Basseville se réfugia dans une maison voisine ; la populace en força les portes, massacra le chargé d’affaires, pilla et brûla la maison du banquier où il avait reçu asile; de là se porta au palais de l’Académie de France qui fut dévasté. M“* Basseville fut épargnée, et M. de Flotte réussit à se sauver. La maison du consul fut attaquée, mais un détachement militaire arriva à temps pour qu’elle ne fût pas forcée. La sédition continua le lendemain. Les Français, en butte à cette rage populaire, furent obligés de quitter Rome ou de se tenir cachés.
Les pièces avaient été communiquées au comité de défense générale. Le rapporteur proposa immédiate-