MESURES PRISES POUR LA. GUERRE. 34Î
politique se trouvait-elle derrière tant de paroles exaltées, tant d’injures adressées aux rois et aux nations? Faudrait-il soumettre l’univers à la Révolution avant de permettre à la France d’espérer le repos et le bien-être?
Personne, pas plus les Girondins que les Jacobins, pas plus la Plaine que la Montagne, n’eût osé poser de telles questions; c’était une émulation, une surenchère de bravades, de pompeuses et chimériques conceptions de politique extérieure comme de politique intérieure. Il n’y avait ni gouvernement du présent, ni prévoyance de l’avenir. La nation était muette, soumise, docile au mouvement que lui imprimait une tyrannie confuse, exercée par une vaste faction en proie elle-même aux discordes et à l’anarchie. Les hommes politiques de la Révolution se précipitaient en avant sans Bavoir où s’arrêter. Ils avaient excité les passions d’un vulgaire ignorant, aveugle, envieux; ils lui avaient appris à croire que ses passions étaient des opinions; maintenant il fallait se mettre à son niveau, de peur de perdre sa faveur, de peur aussi qu’un temps d’arrêt, un commencement de résistance, ne devînt le signal d’une réaction qui les aurait bientôt atteints eux-mêmes.
Leurs querelles intestines et le procès du roi avaient tellement préoccupé la Convention, qu’elle avait été peu attentive à l’administration militaire. Les succèB obtenus sur les frontières par les différentes armées avaient contribué à cette sorte d’incurie. Tout semblait prospérer à la république; on pensait que la guerre serait de plus en plus glorieuse, et même profitable.
Lorsque Dumouriez était venu à Paris, après la