MESURES PRISES POUR LA GUERRE
retraite des Prussiens, il s’était occupé à préparer son expédition en Belgique. Servan était encore ministre de la guerre; c’était un homme morose, dur et difficile dans ses relations; il s’alarmait facilement, et tombait dans des accès de mélancolie; mais il était fort honnête homme, consciencieux et assidu au travail. Ce fut avec lui que Dumouriez disposa son plan de campagne, et s’assura des ressources qui lui étaient nécessaires.
On avait, à grands frais et inutilement, formé à Paris d’immenses magasins en artillerie et en munitions ; on y avait fait arriver beaucoup de troupes de nouvelle formation. Tout se passait alors de telle sorte, que la volonté du ministre de la guerre n'aurait point suffi pour tirer de Paris des approvisionnements et des renforts. Sans le consentement de Santerre, toute disposition semblable eût été impossible. Fort des murmures et des menaces de la populace dont il disposait, armé de l’autorité de la commune, il eût facilement empêché qu’on retirât de Paris des soldats et des canons. Danton et Westermann vinrent encore en aide à Dumouriez, et procurèrent la complaisance de Santerre.
Mais à peine fut-il arrivé à son armée qu’il apprit que Servan avait fait accepter sa démission, et que Pache le remplaçait. Dès lors le désordre commença. Non-seulement Pache se livra au parti jacobin , et devint l’humble courtisan de leurs passions, le serviteur de leurs volontés , mais il s’entoura de quelques hommes à projets et à systèmes politiques, administratifs et militaires : un académicien nommé Vandermonde, qui faisait un peu école; le général Meunier, qui avait aussi beaucoup de prosélytes;