DÉSORORES DE L’ADMINISTRATION MILITAIRE
ministrateur du service des convois. Malus, ordonnateur en chef de l’armée , passait pour un bon administrateur. Dumouriez, aidé de leurs conseils et de feur savoir-faire, se rendit indépendant du ministère de la guerre; il fit des emprunts, des marchés, des arrangements avec les autorités belges.
Le ministre Paclie ne voulut aucunement consentir à tous les actes d’autorité du général en chef. De concert avec Cambon qui , à la Convention , était devenu souverain absolu en matière de finances, tous les marchés passés pour les fournitures des armées furent annulés; toutes les compagnies de fournisseurs dissoutes, ainsi que les régies particulières des vivres et des fourrages qui dépendaient du ministère de la guerre. La révolution fut complète dans le régime administratif. Un comité des achats fut institué pour faire le service, passer tous les marchés et veiller à leur exécution. Selon les idées du temps, ce comité devait procéder d’une manière uniforme et assurer un prix égal à toutes les fournitures, indépendamment du lieu, du temps et de la distance.
Un tel comité fut en effet établi et commença ses opérations. Un mauvais renom s’attacha aussitôt à ces nouveaux administrateurs. Les hommes à qui Dumouriez accordait sa confiance, n’en inspiraient pas non plus beaucoup au public. La Convention prit parti pour le ministre. Le général reçut l’ordre de faire arrêter et d’envoyer à Paris Malus et d’Espagnac.
Alors arriva à l’armée un nouvel ordonnateur. C’était Ronsin, celui qui avait été chargé d’accomplir à Meaux un massacre pendant les journées de septembre. Le choix d’un tel homme , l’arresta-
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tion soudaine des chefs de l'administration, les injonctions du ministre produisirent un complet désordre. Dumouriez conservait encore quelque autorité, bien que les gouvernants du moment fissent tout pour l’anéantir. 11 força Ronsin à continuer les marchés et les arrangements annulés par le ministre. 11 le fallait bien , puisque le comité des achats ne pouvait prendre encore le service et pourvoir aux besoins de l’armée.
D’autres et plus graves embarras vinrent compliquer la situation du général en chef et de l'armée française. Le parti jacobin voulait une guerre de conquête et la réunion des pays envahis. Les Girondins s'associaient à ces ambitieuses pensées. Eux aussi désiraient porter partout la Révolution à main armée. Cette politique suscitait nécessairement des difficultés et des périls.
Dumouriez était entré en Belgique avec des idées tout à fait contraires. 11 ne comprenait la guerre que suivie de la paix. Toute négociation devenait difficile si la France se hâtait d’incorporer les territoires dès qu’ils étaient occupés par ses armées. Il voyait aussi que les populations avaient un sentiment de nationalité, qui les rendrait hostiles aux Français. Ainsi dans ses proclamations, dans son langage habituel, il s’était attaché à rassurer les esprits. Les autorités locales avaient été conservées ; ce qui maintenait le bon ordre et contribuait à assurer des ressources à l’armée.
En attendant la réunion et pour la préparer, la Convention avait ordonné , par un décret du 1 5 décembre, que le régime français et toute la législation révolutionnaire seraient appliqués aux pays occupés