DISCOURS SUR LE MINISTÈRE DE LA GUERRE
les mains de ses délégués. Bientôt on les voit repoussant tout contrôle, tout partage d’autorité et reniant toute garantie.
Saint-Just admettait toutefois qu'en certains cas la puissance législative pouvait ne pas tenir en subordination la puissance exécutive, mais il n’y consentait point en ce qui touche la direction des choses militaires; le souverain ne doit jamais s’en dessaisir; et comme pour lui le souverain, c’était la législature, il disait : « L’attribution donnée par Sieyès au conseil des ministres, je demande que vous la preniez pour vous-mêmes, et que le ministre réponde de l’exécution des lois, à vous. »
Dans une telle situation , chaque événement, chaque jour devait conduire la Convention à exercer tous les pouvoirs sans contrôle ni responsabilité. Saint- Just annonçait une tyrannie qui ne pouvait tarder à se réaliser. Déduire les conséquences extrêmes d’un principe mensonger et funeste, telle est la mission des esprits faux et des opinions passionnées. Ni lui , ni les autres, ne prévoyaient le résultat final; ils le livraient au hasard.
Fabre d’Églantine, autre révolutionnaire absolu et chimérique, proposa d’approvisionner l’armée par voie de réquisition et d’avoir les communes pour administrateurs militaires. C’est ainsi qu’on procède dans un pays occupé par une armée conquérante.
Buzot rentra dans le réel. Il s’agissait, selon lui, de changer non pas les choses, mais les hommes. Sans nommer Pache, il disait : « Tout ira bien, si un homme de bien est ministre; si son génie est assez vaste pour embrasser l’ensemble d’un plan et les