‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 104 sur 138 · DÉNONCIATION CONTRE LES OFFICIERS NOBLES · texte numérisé non relu

DÉNONCIATION CONTRE LES OFFICIERS NOBLES

moins ardentes et moins impérieuses avant la capitulation des places fortes et lorsqu’il était universellement reconnu pour le meilleur des généraux, celui qui avait obtenu le plus de succès. Cette exigence ne se rapportait pas à lui seulement; elle tenait à un motif plus universel.

Un conventionnel , qui témoigna contre lui à l’Assemblée et devant le tribunal, a publié, trente-six ans après, des mémoires où il maintient la trahison de Custine et veut encore la prouver par des faits que n'avait pas même admis Fouquier-Tinville; mais en même temps il expose avec naïveté le véritable motif qui fit monter sur l’échafaud Custine et tant d’autres généraux après lui. « La plupart des chefs étaient, sinon enclins à trahir la république, du moins peu disposés à faire de grands sacrifices pour cette forme de gouvernement; bien peu de généraux étaient sortis des rangs du peuple , et il n’était pas douteux qu'un certain nombre d’entre eux regrettât la monarchie constitutionnelle, sous laquelle ils semblaient destinés aux premiers emplois. On n’aurait peut-être pas eu le temps d’arrêter des desseins perfides ou de prévenir de coupables négligences. Le soupçon était une cause de destitution , la moindre velléité criminelle, un arrêt de mort ’. »

Ce langage aurait alors paru d’une tiède modération aux Jacobins ; la même pensée y était sans cesse exprimée avec UDe ardeur sanguinaire; elle embrassait dans sa généralité, non-seulement les commandants en chef, mais les officiers de tout grade , qui étaient

1 Mémoires de Levasseur.

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