DÉNONCIATION CONTRE LES OFFICIERS NOBLE
nobles. Les exigences des pétitionnaires, les adresses des sociétés populaires, les députations des clubs, et même des clubs de femmes , pressaient la Convention de prendre une mesure générale et absolue.
C’eût été un infaillible moyen d’amener une nouvelle désorganisation de l’armée, plus complète encore que la première dont on venait à peine de réparer le désordre. A cette époque la plupart des officiers nobles servaient avec zèle et fidélité ; ils avaient certes plus d’instruction et d’expérience que ceux par qui on les aurait remplacés; mais leur position , surtout dans les grades supérieurs, devenait de plus en plus difficile. Us étaient continuellement en butte à une injuste méfiance et à des dénonciations presque toujours accueillies par les représentants en mission aux armées; rien ne pouvait faire entendre raison à d’aveugles fanatiques, encore moins à des hypocrites de patriotisme ou à des envieux '.
La Convention s’était bornée à donner au comité de salut public le pouvoir qu’il déléguait aux commissaires d’exclure les- officiers suspects; mais on n’osait point s’opposer à l’esprit de méfiance et d’exagération; on ne se risquait point à décourager les dénonciateurs. « La dénonciation est une des vertus du citoyen » était une maxime alors admise.
Aussi Barère disait-il : « Une cause de nos maux est la méfiance et la trahison ; tous les hommes qui appartenaient à la classe nobiliaire sont frappés d’opinion; ce sont des traîtres commencés. Une voix générale s’élève contre eux. Nous ne devons pas rappeler par des lois particulières une caste détruite;
• Mémoires du maréchal Saint-Cyr.