COMMISSAIRES DE LA CONVENTION
même dur contre tout manquement à la discipline. Il fit former en carré le bataillon des chasseurs parisiens, et les réprimanda énergiquement : « Vous êtes un tas de coquins, » leur disait-il. Une voix se fit entendre dans les rangs : « Pas tous ! » Custine voulut savoir qui avait parlé. Un capitaine, qui devait son grade à l’élection de ses camarades, s’avança: c’était un grand jeune homme, d’une tournure distinguée, d’une physionomie grave et intelligente. Le général apprit qu’il s’était occupé des arts du dessin, qu’il avait voyagé en Italie, se destinait à être architecte, et s’était volontairement engagé pour la défense de la patrie. Il conçut aussitôt bonne idée du jeune officier, l'employa tout de suite à faire une reconnaissance et à lever le plan d’un terrain, sous le feu d’une batterie ennemie. Son sang-froid et la justesse de son coup d’œil confirmèrent l'opinion qu’il en avait conçue. Il l’attacha comme adjoint à l’adjudant général Gay de Vernon. Tel fut le commencement du maréchal Gouvion Saint-Cyr. Son histoire est à peu près la même que celle de nos plus illustres généraux. Ils sortirent du sein de la confusion où les révolutionnaires avaient jeté l’armée française; par eux fut établi l’ordre parmi le courage et le dévouement , et à cette double puissance nous avons dû , d’abord le salut du pays , et puis son immense gloire.
Les représentants en mission n’exerçaient point leurs pouvoirs de manière à rétablir la discipline; le mérite et les services des officiers n'étaient pas à leurs yeux un aussi bon titre à la confiance et à l’avancement que la profession bruyante des opinions révolutionnaires. Comme leurs informations venaient