DISCOURS DE GUADET
des despotes qui viennent nous égorger. Mais déjà l’indignation enflamme votre courageux civisme. Allons, républicains, armons-nous. »
Alors commença le tumulte; l’adresse était signée de Marat, comme président, des Jacobins. La droite commença à crier « A l’Abbaye! le décret d’accusation ! » — Marat demanda la parole ; les vociférations des tribunes publiques le soutenaient. Il proposa de nouveau que la tête de tous les Bourbons fût mise à prix, afin que le vote décelât les véritables complices de Dumouriez. La droite continuait à demander le décret d’accusation.
Danton prit la parole. — « Non pas, dit-il, en faveur d’un homme ; mais pour l’intérêt public. » Avec ménagement pour Robespierre , il s’étonna qu’il eût présenté une accusation fondée seulement sur des preuves politiques, a La question est de savoir ce que c’est que la conspiration d’Orléans , et si elle existe. J'ai cru longtemps que cette faction n’était qu’une chimère : si je demande quel est le coupable, vous direz: C’est Marat. Il répondra : Ce sont les hommes d’État. Le vrai coupable, c’est d’Orléans; pourquoi n’est-il pas déjà traduit au tribunal révolutionnaire? La procédure sera envoyée à la Convention; elle pourra connaître ainsi ceux de ses membres qui ont trempé dans la conspiration. »
Danton insista sur la mise à prix de la tête des Bourbons, en montrant peu de souci des représentants livrés par Dumouriez.— «S’ils sont dignes de la nation et de la Convention, ils ne doivent pas craindre le tonneau de Régulus. » Enfin il demanda qu’on renvoyât à un comité les accusations portées contre Marat ou contre d’autres représentants; mais il vou-