MARAT EN ACCUSATION
lait que toute discussion sur ce sujet fût ajournée jusqu’au retour 'des députés envoyés dans les départements pour presser le recrutement. La plupart étaient du côté gauche, qui regardait comme une trahison, la mise aux voix de toute question importante pendant leur absence.
Les Girondins insistèrent sur l’accusation de Marat. « Cet homme, disait Fonfrède , n’est-il pas en horreur dans les départements? Vos concitoyens ne vous ontils pas cent fois conjuré de bannir du sénat ce génie malfaisant, cet artisan de crimes? — Oui , oui , criaiton à droite. — C’est la voix du peuple qui réprouve Marat. — Quelqu’un des commissaires envoyés par vous a-t-il osé se vanter de ses liaisons avec cet homme? Qui n’a pas désavoué ses doctrines de sang? Quelques-uns même, pressés par l’opinion publique, ont été obligés de prendre, dans les sociétés populaires, l’engagement de demander à leur retour un décret d’accusation. Danton voudrait un rapport : où l’évidence est acquise, un rapport est inutile. N’avez-vous pas porté des lois contre les provocateurs au pillage et au meurtre? — Oui, dit Marat, quand ils sont royalistes. — N’avez-vous pas, continua Fonfrède, porté la peine de mort contre quiconque demanderait le rétablissement du pouvoir arbitraire? Eh bien, Marat a demandé la dictature. N’avez-vous pas porté la peine de mort contre quiconque demanderait la dissolution de la Convention? Marat la demande chaque jour. »
Les Montagnards murmuraient. « Vous qui m’interrompez, vous applaudissez avec fureur ces adresses insolentes où des hommes égarés et payés demandent ni. • . 3