‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 115 sur 138 · CRISE DE LYON · texte numérisé non relu

CRISE DE LYON

Précy avait le projet de suivre la route qui conduit à Mâcon , le long de la Saône ; de la traverser pour entrer dans le département du Jura et gagner la Suisse. Il avait divisé sa troupe en deux colonnes : l’arrière-garde était commandée par le comte de Virieu. Les fugitifs se mirent en marche le 9, à sept heures du matin. L’arrière-garde fut attaquée par des forces supérieures. Virieu fut tué, sa troupe se dispersa; la colonne qui marchait en avant n’avait nul moyen de se défendre; elle fut aussi taillée en pièces et mise en déroute. Précy, après avoir erré dans la campagne, trouva un asile près de Montbrison et y resta caché pendant plus d’une année. On crut d’abord qu’il avait été tué comme Virieu. Les fugitifs, parmi lesquels se trouvaient des femmes et des vieillards, étaient poursuivis et massacrés.

Pendant plus de six jours, ces malheureux dispersés dans la contrée environnante couraient sans trouver ni hospitalité, ni pitié. On sonnait le tocsin dans les villages ; les habitants de la campagne étaient excités à la poursuite de ces Lyonnais qu’on leur représentait comme des ennemis publics ou comme des riches qui emportaient leurs trésors. Les Jacobins des petites ville» voisines couraient à la chasse aux muscadins. Presque tous furent exterminés. Environ soixante furent amenés à Lyon et fusillés sans délai par une commission militaire.

On comptait parmi eux Bemani qui avait présidé l’administration insurgée , Gaspard de Clermont-Tonnerre, Abel de Viclii et l’un des plus vaillants chefs de l’armée lyonnaise, Ilimbert de la Roche-Negli.

A la première nouvelle de la prise de Lyon, lorsque les détails n’étaient pas encore connus, le premier

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