RAPPORT DE BARÈRE
sentiment de la Convention fut une indignation furieuse pour celte évasion de la colonne de Précy ; un tel événement paraissait inexplicable. Ce devait être l’effet de quelque trahison. « Il vaudrait mieux que Lyon ne fût pas pris, » disait Bourdon de l’Oise, « ce sera le noyau d'une nouvelle Vendée ; c’est une armée; elle va mettre entre deux feux l’armée qui assiège Toulon. *> On parlait de l’imbécillité du ministre de la guerre et du crime d’avoir trop longtemps parlementé.
Barère , au nom du comité de salut public, s'exprima avec une rage révolutionnaire plus exaltée encore. : • »,
« Étonné que deux mille hommes aient pu s’échapper d’une ville cernée de tous côtés, le comité a écrit aux représentants : « Enfin les rebelles sont vaincus ; sont-ils tous exterminés? Comment se fait-il que deux mille se soient évadés? Point de faiblesse, point de grâce , que tous soient frappés. N’épargnez que les patriotes et les indigents persécutés par les riches. Nous avons ordonné de poursuivre les fuyards et de faire sonner le tocsin dans toutes les campagnes, afin que le peuple puisse les exterminer tous. » L’ordre avait été prévenu.
Barère continuait : « La punition des traîtres doit être prompte. Les habitants de Lyon seront désarmés et leurs armes confiées à la jeunesse du midi qui s’en servira contre les esclaves de l’Espagne. Mais laisserez-vous subsister une ville qui, par sa rébelliou a fait couler le sang des patriotes? Qui osera réclamer votre indulgence pour cette ville? Ce n’est pas une ville, celle qui est habitée par des conspira-