‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 130 sur 138 · PRISE UE TOC LOS · texte numérisé non relu

PRISE UE TOC LOS

«•.liées du bord; on s’entassait pèle-mèle dans les chaloupes. Quand le jour parut, un peu d’ordre se rétablit; trois cents chaloupes ou canots transportaient successivement le# fugitifs; tout à coup des cris s’élèvent dans l’intérieur de la ville. « Voici l’armée ! voici Carleaux! » L’effroi redoubla; l’empressement à s’embarquer devint furieux; poussés par ceux qui étaient derrière eux, ceux qui sont le plus près du bord tombaient dans la mer; des radeaux amarrés au quai s’enfoncaient sous le poids de la multitude qui s'y entassait. Les matelots ne parvenaient pas à empêcher leurs embarcations d’être envahies par plus de gens qu’elles n’en pouvaient porter. Quelques-unes étaient submergées. Les boulets des batteries assiégeantes arrivaient jusque dans le port. La darse fut en un instant couverte de malheureux qui se noyaient; lorsqu’ils s'accrochaient aux chaloupes., on les repoussait à coups d’aviron. Un détachement de soldats napolitains ne pouvant parvenir jusqu’aux barques qui devaient les transporter à bord de leurs vaisseaux, se faisaient faire place par leurs baïonnettes ou en tirant des coups de fusil. Les familles étaient dispersées par les hasards de l’embarquement. Le mari cherchait et appelait sa femme ; la mère poussait des cris de douleur pour retrouver sou enfant ; on en vit une qui accoucha au milieu de la foule.

C’était à bord des navires de commerce que les fugitifs étaient accueillis. I^es Espagnols et Napolitains furent pourtant touchés de pitié. « Pauvres Français, disait l'amiral Langara, nous sommes venus les assassiner. » Le souvenir reconnaissant des témoignages sympathiques et des soins touchants que les soldats et les généraux de ces deux nations prodi-

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