‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 132 sur 138 · C.ÜEIIBE DE LA VENDÉE · texte numérisé non relu

C.ÜEIIBE DE LA VENDÉE

néruux républicains, les Vendéens formaient de nouveaux rassemblements dans toute l’étendue de leur territoire ; mais ils ne faisaient aucun progrès dans la région occidentale. La division du général Tunck, après la victoire de Luçon, s’avancait et allait se trouver en communication avec l’armée des côtes de Brest qui occupait Nantes. Le général Canclaux continuait à la commander; il avait sous ses ordres le général Grouchy. Les représentants Gillet et Cavaignac, plus sensés que leurs collègues Bourbottc et Choudieu, moins soumis à l’influence de Itonsin et des agents jacobins, maintenaient ces deux généraux, tout nobles qu'ils étaient. « Canclaux et Grouchy, écrivaient-ils à la Convention, se battent en vrais républicains; ils ont déposé entre nos mains le serment que, quoique nés dans une classe ci-devant privilégiée, ils n’abandonneraient point le poste où la confiance de la république les a placés jusqu’au moment où elle jugera leur ostracisme nécessaire. »

Ainsi cette armée était conservée en bon ordre et en discipline. Encore que peu nombreuse , elle avait pu défendre avec avantage les postes qu’elle occupait en avant de Nantes, sur la rive gauche de la Loire.

Cependant la garnison de Mayence allait arriver sur le théâtre de la guerre. Le comité de salut public avait déjà décidé qu’elle se rendrait à Nantes pour être réunie à l'armée des côtes de Brest. Lorsque la basse Vendée et la côte seraient soumises et la jonction opérée avec les divisions de l’armée de la Rochelle , on devait pénétrer dans le Bocage; puis successivement désarmer les campagnes. Ce plan d’opérations avait été présenté par le général Grouchy. Les représentants Cavaignac et Phelipeaux l’avaient adopté, et Pheli-

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peaux était allé l’appuyer auprès du comité de salul public. « Si vous envoyez, disait-il, la garnison de Mayence à Saumur, elle sera bientôt corrompue et perdue dans la fange de cet état-major : le seul parti à prendre, c’est de la joindre à l’armée de Nantes. L’armée de Tours et de Saumur servira de réserve; elle fera beaucoup de bien, en ne faisant pas de mal. »

Le parti Ronsin mit une vive opposition a ce plan de campagne. Déjà il avait été proposé jvar Biron : c’était Groucby qui le reproduisait. Canelaux allait se trouver à la tête d’une armée considérable et puissante. La république allait confier son salut à des hommes appartenant à une caste privilégiée. Ronsin avait conçu un autre projet et voulait qu’on l’adoptât. Il divisait les armées en cinq colonnes, qui devaient parcourir le pays dans des directions différentes, et le soumettre en le ravageant.

A ce projet se mêlaient les plus étranges rêveries. Santerre écrivait au ministre : « Ce qu’il nous faut, ce sont des mines ! des mines, à force! — des fumées soporatives! — et puis tomber dessus! >> Un chimiste était déjà arrivé avec une composition qui, soumise à l’action du feu, dégageait des vapeurs au moyen desquelles on asphyxierait tout être vivant, fort loin à la ronde. Les représentants en ordonnèrent l’essai dans une prairie où paissaient des moutons , qui n’en furent aucunement dérangés.

Le comité de salut public remit en question le plan qu’il avait adopté : un conseil de guerre, composé des représentants et des généraux, devait en délibérer. Le procès-verbal existe : il donne l’idée de ce que pouvait être un gouvernement qui traitait ainsi de

GUERRE DE LA VENDÉE

la guerre, du sort de trois provinces et de la vie de tant de braves soldats.

Il y avait vingt-deux votants dans cette commission qui se réunit à Saumur. Aux représentants en mission près des armées de l’ouest étaient venus se joindre Reubell et Merlin de Thionville, spécialement attachés à la garnison de Mayence, avec laquelle ils avaient soutenu le siège. Outre les généraux révolutionnaires Santerre et Rossignol, on comptait des généraux distingués par leur expérience et leurs services, Canclaux, Menou, Aubert du Bayet, Dembarrère et d’autres moins connus. Dix voix furent pour la marche sur Nantes , dix pour Saumur. Bourbotte s’abstint, et le général Chalbos, qui commandait à Niort, proposa d’entamer les opérations par Niort. Alors les représentants demandèrent qu’un projet fût concerté entre les généraux et soumis à la commission. La marche sur Nantes fut acceptée â une grande majorité ; Canclaux rédigea un plan de campagne conforme à cette décision. 11 fut aussi voté par la commission, et Rossignol le signa. A son tour Rossignol proposa un projet d’opérations pour son armée et Canclaux l’approuva.

Rossignol n’envoya pas moins au comité de salut public une réclamation ou plutôt une protestation. Il disait qu’on avait indisposé l’armée de Mayence contre les généraux sans-culottes et que l’intrigue , l’amourpropre et l’ambition avaient déterminé l’opinion du conseil de guerre.

La garnison de Mayence ou, comme on le disait, les Mayençais, formaient trois divisions , sous les ordres du général Aubert du Bayet. Leur avant-garde était commandée par un général dont cette guerre allait commencer la renommée. Kléber, né en Alsace, avait

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