‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 134 sur 138 · LES VENDÉENS PASSENT LA LOIRE · texte numérisé non relu

LES VENDÉENS PASSENT LA LOIRE

avaient réussi à s'emparer du bourg do Varade , sur, l'autre bord du fleuve, en face de Saint-Florent. Là s’étaient réunis , après le désastre, les débris de l'armée et une population de vieillards, de femmes, d’enfants, de fugitifs qui, traqués de tous côtés, cherchaient à échapper aux massacres et à l’incendie; ils ne voulaient point se séparer de leurs défenseurs, de leurs 111s, de leurs frères, de leurs maris.

Ce n’était pas une armée que les événements de la guerre contraignaient & passer un fleuve; c’était, comme aux siècles des grandes invasions, tout un peuple poussé hors de son territoire par le flot des envahisseurs, emmenant dans son immense migration la société, la famille, la religion.

Quelques barques, rassemblées à la bâte, où s’entassaient les fugitifs, transportèrent sur l’autre rive, pendant toute la journée du 18 octobre, la foule qui se pressait en désordre au bord du fleuve, et qui apercevait au loin derrière elle la fumée s’élever des villages que brûlaient les républicains.

Le moindre détachement arrivant sur une rive ou sur l’autre aurait empêché ce passage et mis un effroyable désordre dans le rassemblement confus des Vendéens; mais les généraux républicains avaient jugé prudent de s’assurer delà roule d’Angers, et ils avaient marché sur Beaupréau dont ils s’emparaient sans résistance. Quant au général Léchelle, il songeait à obéir avec un zèle ponctuel aux décrets de la Convention, et il pouvait lui écrire dès le lendemain : « La Vendée purgée en huit jours des principaux rassemblements, fumante de sang, jonchée de cadavres, livrée en grande partie aux flammes, est un exemple frappant

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