‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 135 sur 138 · LES VENDÉENS PASSENT LA LOIRE · texte numérisé non relu

LES VENDÉENS PASSENT LA LOIRE

*le justice nationale. » Les représentants écrivaient en même temps : « Une solitude profonde règne actuellement dans le pays qu’occupaient les rebelles; ou ferait beaucoup de chemin dans ces contrées avant <le rencontrer un homme ou une chaumière. ... Nous n'avons laissé derrière nous que des cendres et des monceaux de cadavres ! »

Pendant la journée du 18, on vit arriver de Saint- Florent à Beaupréau un nombreux rassemblement : «• étaient quatre ou cinq mille prisonniers républicains que les Vendéens avaient emmenés dans leur retraite. Bonchainp mourant de sa blessure, avant de rendre le dernier soupir, avait demandé et obtenu leur grâce. Lescure, qui ne devait pas non plus tarder à mourir, entendant quelques officiers subalternes parler de les fusiller, s’était, d’une voix affaiblie, écrié contre cette horreur. Ces prisonniers proclamaient hautement leur reconnaissance. Léchelle écrivit à la Convention que c était lui qui les avait délivrés.

Ainsi que Léchelle, les représentants étaient transportés de joie. « Vive la république! criaient-ils, la Vendée est finie. » Les généraux avaient plus de sangfroid et d’expérience ; ils venaient d’apprendre par les prisonniers ce qu’était le passage de la Loire; et pensaient que la guerre avait changé de théâtre.

On songea donc à pourvoir à la sûreté de Nantes et d'Angers qu’on avait laissés sans défense, et l’armée passa sur la rive droite. Tout était imprévu dans la nouvelle guerre qu'on allait entreprendre. Personne n’avait imaginé cette émigration de la Vendée entière. Était-ce un plan de campagne conçu d’avance? Que se proposaient les chefs des rebelles? Quelle route allaient-ils suivre? c’est ce qu’on ne savait point.

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