‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 17 sur 138 · PÉTITION DE LA COMMUNE · texte numérisé non relu

PÉTITION DE LA COMMUNE

La pétition que Camille Desmoulins avait annoncée fut apportée dès le lendemain; elle avait été concertée dans une séance des Jacobins. Robespierre, sans se charger de la rédaction, avait donné son avis détaillé sur ce qu’elle devait dire et sur le caractère qu’il convenait de lui imprimer. Elle fut apportée par une solennelle députation, sous la conduite du maire. Les tribunes applaudirent à leur entrée.

Un orateur, nommé Rousselin, en donna lecture : n Législateurs, dit-il, les rois n’aiment pas la vérité; leur règne passera : le peuple la veut partout et toujours ; ses droits ne passeront pas. Nous vous demandons vengeance des outrages sanglants faits depuis si longtemps à ces droits sacrés. »

Après ce début hautain et menaçant, la pétition rappelait que les Parisiens avaient toujours été les premiers à attaquer et à renverser la tyrannie , et que leur position leur donnait l’initiative de la vengeance.

« Nous reconnaissons que la majorité de la Convention est pure, car elle a frappé le tyran. Nous ne demandons pas la dissolution effrayante de la Convention, ni la suspension de la machine politique. Loin de nous cette idée anarchique! Nous venons, armés de la portion d’opinion publique du département de Paris, provoquer le cri de vengeance que va répéter la France entière. Nous allons lui indiquer les attentats et les noms de ses perfides mandataires ! » Puis commençait une longue accusation contre les hommes principaux de la Gironde, accusation générale et vague, vraie polémique' de parti, où les opinions étaient incriminées et non pas les actes. La

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complicité avec Dumouriez était surtout présentée comme incontestablement prouvée par quelques votes récents.

« Le peuple ne change pas : il est toujours le même ; ce sont les fonctionnaires qui changent. L’opinion du peuple sur ses mandataires dépend de leur conduite. 11 a poursuivi les traîtres sur le trône, pourquoi les laisserait-ils impunis dans la Convention? Le temple de la liberté est-il donc un lieu d’asile, comme les églises d'Italie, et les scélérats y trouvent-ils l’impunité? La république a-t-elle renoncé au droit de purifier sa représentation? La révocabilité est son essence ; elle est la sauvegarde du peuple. Nous demandons que cette pétition soit communiquée à tous les départements et qu’il y soit annexé la liste ci-jointe de la plupart des mandataires coupables de félonie envers le peuple souverain, afin que la majorité des départements manifeste son opinion. Alors ils se retireront de cette enceinte. »

La liste se composait de Brissot, Guadet, Vergniaud, Gensonné, Buzot, Barbaroux, Pétion, Salles, Lasource, Valazé, Louvet, Fauchet, Corsas, Grangeneuve, Birotheau, Pontécoulant , Hardy, Le Hardy, Lanjuinais, Valady, Chambon, Lanthénas.

La Convention avait ordonné par un décret récent que toute pétition serait signée individuellement. Cette formalité fut accomplie. Pache aurait voulu se dispenser de donner sa signature. Il n’était point pétitionnaire, disait-il, mais se présentait comme président du conseil de la commune. 11 apposa toutefois son nom à cette pièce, où fut reconnue la manière de Robespierre ; elle lui fut attribuée dans la discussion.

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