PÉTITION DK LA COMMUNE
\æ président répondit avec gravité : « Vous avez cru devoir faire cette démarche dans l’intérêt de la république ; la Convention examinera votre pétition ; elle vous invite aux honneurs de la séance. »
Fonfrède obtint la parole : « Si la modestie n’était pas le devoir d’un homme public, je m’offenserais de ce que mon nom n’est pas inscrit sur la liste honorable qui vient de vous être présentée. — Et nous aussi. — Tous, tous ! » s’écrièrent les trois quarts de l’Assemblée en se levant.
Pénières s’approchant de Pache lui dit : « Pouvezvous me donner une petite place sur votre liste ? il y aurait cent écus à gagner. » Car beaucoup de choses se vendaient à la commune.
Fonfrède continua avec ironie : « Je rends hommage au zèle éclairé, à la surveillance patriotique qui a dicté cette pétition. Combien il est heureux que les pétitionnaires et le maire de Paris daignent vous accorder l’honneur d’un scrutin épuratoire ! Je n’élève aucun doute; oui, c’est bien là le vœu libre, spontané du peuple; il est impossible qu’aucune intrigue, pas même la prophétie de Desmoulins, l’ait provoqué. Tous les habitants de cette immense cité y ont concouru; je l’admets pour une vérité constante. »
Puis il établit que la volonté du peuple ne pouvait être consultée qu’en convoquant les assemblées primaires. « C’est sans doute ce qu’ont voulu demander les pétitionnaires. C’est pourtant parce que cette convocation a été demandée par quelques-uns de nos collègues, qu’on veut les exclure. Je suis plus généreux, je ne demande pas l’exclusion, des pétitionnaires; au contraire, j’appuie leur demande et je la convertis en motion. » .