LES AUTRICHIENS PASSENT LA FRONTIÈRE
Un Montagnard s’écria que c'était réclamer la constitution de 1791. 11 fut obligé de s’excuser et de rendre hommage à la souveraineté des assemblées primaires; mais il ajouta : « Cette adresse émane aussi du peuple souverain. » On murmura; il se reprit une seconde fois: « Ou du moins d’une portion du souverain toujours estimable à vos yeux. »
Les révolutionnaires s’embarrassaient toujours dans cette question : Comment est constatée la vraie volonté du peuple souverain? Il fallait toujours en revenir à la souveraineté du fait, quand ce fuit était à leur gré.
La pétition ne fut soutenue par aucun orateur considérable du parti jacobin. Quelques Montagnards obscurs essayaient de poser la question entre les représentants qui avaient voté la mort du tyran et ceux qui avaient voulu l’épargner. Ils ne furent applaudis que par les tribunes.
Les Girondins continuèrent à demander la convocation des assemblées primaires.
Phélipeaux, un ami de Danton, proposa un ordre du jour qui improuverait la pétition de la commune. Cette concession de la Montagne ne parut pas suffisante. La discussion resta ouverte et fut reprise à plusieurs fois.
Les nouvelles de l’armée du Nord, sans donner de vives inquiétudes, auraient pu néanmoins préoccuper l’Assemblée, si elle eût été moins absorbée par ses discordes intestines.
Les Autrichiens avaient passé la frontière; ils allaient assiéger la ville de Condé; Valenciennes était aussi menacée. Le prince de Cobourg faisait des pro-