DÉCLARATION DES DROITS
Danton se félicita de l’accord qui régnait sur cette question entre lui et les Girondins. La liberté de se réunir pour adorer la Divinité n’avait, selon lui, d’autre limite que les règlements de police; l’Assemblée ne pouvait s’en occuper que sous ce rapport. Danton ne manqua point cette occasion de parler contre les prêtres fanatiques et rebelles, dont on avait, disait-il, de toutes parts demandé la déportation. La guerre de la Vendée ne paraissait même pas ébranler la persuasion où il était que l’opinion du pays était conforme à la sienne. « Si la superstition semble avoir quelque part aux mouvements qui agitent une partie de la république, c’est qu’elle est employée par la politique de nos ennemis. »
Ce débat choquait un certain nombre de députés qui avaient foi ou respect pour la religion; ils protestèrent par quelques interruptions. « Supprimer l’article, serait nous mener droit au théisme ou à l’athéisme.— Par respect pour la Divinité; cessons celte discussion. » Telles furent les seules paroles qui se firent entendre en ce sens.
Un moment auparavant, la Convention avait écouté favorablement la pétition de deux hommes qui avaient tué un prêtre et que le tribunal de leur département avait condamnés selon les formes légales. Leur excuse était de l’avoir tué dans une émeute. En vertu de son pouvoir souverain, l’Assemblée avait sursis à l’exécution du jugement et ordonné un nouvel examen des faits.
La discussion de la constitution n’occupait ni tous les moments , ni toute l’attention de l’Assemblée ; elle y avait destiné deux séances par semaine. Bien que la guerre déclarée entre les deux parfis fût chaque