‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 35 sur 138 · MESURES PRISES A MONTPELLIER · texte numérisé non relu

MESURES PRISES A MONTPELLIER

l’Hérault par un emprunt forcé, imposé aux riches, par ce comité local de salut public. Si les dépenses militaires n’absorbaient pas les cinq millions ainsi recouvrés, le reste serait employé à secourir la classe pauvre.

« Quelle idée donnera à ses ennemis une république où un seul département peut offrir cinq mille hommes d’élite, appartenant à la classe éclairée, intéressés à la chose publique et pris parmi ceux qui n’ont à choisir qu’entre la république et la mort! »

Il était manifeste que l’initiative de cette mesure avait été concertée avec les meneurs de la Montagne, et qu'ils voulaient la rendre générale. Aucune remarque ne fut présentée contre une si étonnante usurpation de pouvoirs; la Convention mentionna honorablement la lettre des patriotes de Montpellier; c’était ratifier ce qu’ils avaient fait; c’était autoriser les sociétés populaires et les représentants en mission à en faire autant dans chaque département.

« Partout la même mesure sera adoptée, dit Danton; la république est sauvée. On ne traitera plus d’anarchistes les amis ardents de la liberté, ceux qui mettent la nation en mouvement, on dira : Honneur aux agitateurs qui tournent la vigueur du peuple contre ses ennemis. Mais qu’on ne croie pas que nous devenions barbares. Après avoir fondé la liberté, nous l'embellirons. Tant que le vaisseau de l’État est battu par la tempête, ce -qui est à chacun est à tous. On a cru que le peuple voulait la loi agraire; cette idée pourra faire naître des soupçons sur les mesures adoptées par le département de l'Hérault. Mais imposer les riches, c’est les servir; c’est un véritable avantage pour eux. Plus leur sacrifice sur le revenu est ni. 6

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