DISCUSSION SUR LE GOUVERNEMENT CONVENTIONNEL
murmures, tandis que les tribunes publiques l’applaudissaient. 11 fut rappelé à l’ordre, et même désavoué hautement par un orateur de la Montagne , Julien (de la Drôme).
Danton accueillit, au contraire, les avances de la Gironde et témoigna que la divergence des opinions n’empêchait pas la commune volonté de maintenir la république. Il appuya la création du comité d’exécution : — ■ « Établissons une agence funeste aux rois. Pour créer des armées, pour leur choisir de nouveaux chefs, il faut un pouvoir nouveau, toujours sous la main de la Convention et qu’elle puisse anéantir à volonté. Une république, en proscrivant les dictateurs et les triumvirs, n’en a pas moins le pouvoir de créer une autorité terrible. Telle est la violence de la tempête, qu'il est impossible de sauver le vaisseau de l’État en agissant d’après les seuls principes de l’art. Écartons toute idée d’usurpation. Eh! qui donc pourrait être usurpateur? Voyez cet homme qui avait remporté des victoires, il a contre lui toutes les forces de la France, son pays natal demande sa tête. Rapprochons - nous fraternellement; il y va du salut de tous. Si la conjuration triomphe, elle proscrira tout ce qui a porté le nom de patriote. »
Le projet qu’approuvait Danton et que l’Assemblée entière paraissait accueillir favorablement, inspirait toutefois quelques appréhensions ; on voyait bien qu’un tel comité contenait le germe du despotisme, qui ne tarderait pas à peser, sur la Convention ellemême. Barère se chargea de dissiper ces inquiétudes; il démontra que le pouvoir législatif souverain restait tout entier à l’ Assemblée; qu’elle n’en abdiquait et