‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 5 sur 138 · DISCUSSION SUR UE GOUVERNEMENT CONVENTIONNEL · texte numérisé non relu

DISCUSSION SUR UE GOUVERNEMENT CONVENTIONNEL

n’en déléguait aucune fraction. 11 s’agissait seulement de surveiller et de guider le pouvoir exécutif; le comité restait lui-même sous la surveillance de la représentation nationale. — «Serons-nous toujours environnés de terreurs et de chimères? La peur de la tyrannie amène à sa suite la tyrannie elle-même. Sans doute , au milieu des trahisons qui nous cernent, la défiance est excusable^ mais portée à l’excès, elle serait une arme pour les ennemis publics. On parle sans cesse de dictature : je n’en connais qu’une qui soit légitime, qui soit nécessaire, que la nation ait voulu, c’est la Convention nationale. C’est par vous que la nation exerce la dictature elle-même; c’est la seule que puissent supporter des hommes libres et éclairés. » — Continuant ainsi à rassurer la Convention sur ses propres libertés, car les libertés du pays n’étaient plus en question , Barère, empruntant une locution familière à Marat, se raillait, ainsi que cet apôtre révolutionnaire « des grands enfants, » qui criaient sans cesse à la dictature.

Marat ne chercha point à déguiser sa pensée ; il voulut que la Convention sût bien ce qu’elle allait voter.— -« C’est par la violence, dit-il , qu’on doit établir la liberté. Le moment est venu d’organiser momentanément le despotisme de la liberté pour écraser le despotisme des rois. »

Le projet, interprété avec cette franchise, suscita quelques objections des Girondins, mais fut décrété sans hésitation. Le comité, qui prit le noih deSalu public, devait être composé de neuf membres élus au scrutin ; il délibérait en secret , surveillait et accélérait l’action du conseil exécutif et pouvait même suspendre ses arrêtés, à la charge d’en rendre compte à la Convention; il était autorisé à prendre dans les circon-

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