ISNARD RÉPOND AUX DÉLÉGUÉS DK LA COMMUNE
senta à la Convention; elle succédait à une députation de Marseille, qui avait été accueillie avec faveur; elle venait d’obtenir la ratification de la victoire séditieusement remportée sur les autorités jacobines et sur les représentants montagnards envoyés en mission.
Les délégués de la commune de Paris ne trouvèrent point la même bienveillance. Danton réclama, pour leur orateur, le silence qui avait encouragé les envoyés de Marseille.
Le conseil de la commune témoignait l'indignation qu’il avait éprouvée en voyant violer les droits les plus sacrés; il dénonçait l’attentat commis par les douze sur la personne d’Hébert, qu’il qualifia, non sans exciter des murmures, de magistrat estimable par ses vertus civiques. L’orateur terminait par une allusion au procès de Marat : « Les arrestations arbitraires sont pour les hommes de bien des couronnes civiques. »
Isnard présidait et répondit avec ce langage déclamatoire, qui excédait toujours la limite de la raison et de la prudence. « Il faut que Paris respecte la représentation nationale. Si jamais la Convention était avilie, si jamais, par une de ces insurrections qui se renouvellent sans cesse et dont les magistrats n’avertissent jamais la Convention, il arrivait qu’on portât atteinte à la représentation nationale, je vous déclare au nom de la France entière.... »
Le président parlait au milieu du tumulte; chaque phrase était interrompue par des clameurs et des apostrophes : injures d’une part, applaudissements de l’autre. A ce mot, « au nom de la France entière, » la gauche criait: « Non! » la droite criait : « Oui! » Enfin il