‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 49 sur 138 · ISNARD RÉPOND A IX DÉLÉGUÉS DE LA COMMUNE · texte numérisé non relu

ISNARD RÉPOND A IX DÉLÉGUÉS DE LA COMMUNE

lui fut possible d’achever et l’on entendit ces paroles qui sont à peu près le seul souvenir que l’histoire ait attaché au nom d’Isnard :

«Paris serait anéanti ! » Puis au milieu de la tempête qu’il venait de susciter, il ajouta : « Bientôt on chercherait sur les rives de la Seine si Paris a existé. »

Danton répondit sans emportement, reprocha au président d'avoir donné le signal du combat, au lieu d’avoir présenté l’olivier de la paix ; il justifia Paris. Ne prenant pas au sérieux la phrase d’Isnard, il disait : « Je me connais en figures oratoires, » et il remarquait que le devoir d’un président est de présenter des idées consolantes. Il répéta ce qu’il avait dit souvent sur les bons citoyens qui péchaient par trop d’impétuosité, mais qui méritaient indulgence, car leur énergie servait le peuple. « S’il n’y avait pas eu des hommes ardents, si le peuple lui-même n’avait pas été violent, il n’y aurait pas eu de révolution. » C’était de lui-même qu’il voulait parler, et il se trouva ainsi amené à faire son apologie et à se défendre contre les accusations d'improbité et de dilapidation qui lui étaient sans cesse adressées.

Son discours n’eut point de conclusion, mais il s’était montré aussi modéré qu’il pouvait l’être et plus conciliant que les Girondins. Dans la situation du moment cela était habile, tant l’opinion modérée était peu courageuse. Pour qu’elle montrât quelque vivacité, il fallait qu’elle fût émue par un danger imminent et inévitable.

La journée du lendemain , 26 mai , se passa assez paisiblement. Un nombreux rassemblement de femmes se forma de grand matin sur le quai Saint-Bernard et se porta vers la Convention, Mlles firent beaucoup de

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