‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 51 sur 138 · SÉANCE ORAGEUSE DU 27 MAI · texte numérisé non relu

SÉANCE ORAGEUSE DU 27 MAI

avec de l’artillerie se ranger dans la cour du Carrousel.

C’était du côté du jardin que la foule avait pénétré par le vestibule et le grand escalier dans les corridors et les grandes salles qui précédaient la salle des séances. Cette multitude était plutôt tumultueuse que menaçante; il ne semblait pas que les hommes fussent armés: on ne voyait ni fusils ni piques ; peut-être les poignards étaient-ils cachés. Plusieurs députés étaient venus reconnaître ce qui se passait au dehors; Marat s’approcha du commandant de la Butte-des-Moulins, qui, selon l’ordre qu’il en avait reçu, avançait avec son bataillon pour débloquer l’Assemblée; Marat vint sur lui et le somma de se retirer avec sa troupe de boutiquiers. RafTet, c’était le nom de ce commandant, répondit qu’il obéissait à l’ordre du président; Marat prit un pistolet et le dirigea à bout portant sur la poitrine du commandant : il repoussa dédaigneusement ce nain féroce.

Marat courut le dénoncer à la Convention; RafTet fut appelé, raconta le fait et fut invité aux honneurs de la séance.

La commission était en permanence ; elle avait appelé Pache. Garat y était aussi venu. La Convention manda le maire, et le ministre jugea convenable de l’accompagner. Ce fut lui qui d’abord rendit compte de ce, qui se passait aux abords de l’Assemblée. Là commission ne lui avait donné aucun ordre. Ainsi il pouvait raisonner sur les mesures qui avaient été prises, mais n’en était point responsable; les autorités municipales, ne songeant guère à se subordonner à un ministre , ne l’avaient pas non plus consulté.

Garat était un spectateur de la Révolution; il exeel-

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