‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 52 sur 138 · SÉANCE ORAGEUSE DU ‘27 MAI · texte numérisé non relu

SÉANCE ORAGEUSE DU ‘27 MAI

lait à analyser une situation, à démêler les mobiles et les passions des deux partis; il observait avec finesse le caractère el le genre d’esprit des personnages politiques; mais il n'avait ni assez de courage, ni assez de décision pour prendre un rôle actif dans les périls et les mouvements de cette époque convulsive. 11 appliquait aux circonstances les plus critiques, aux lendemains les plus menaçants, cette philosophie historique qui se complaît éprouver que ce qui a été a dû être; il prononçait, d’après ce système de fatalité, nonseulement sur les catastrophes ou les crimes qui venaient de s’accomplir, mais sur les passions ou les projets qui menaçaient l’ordre public el l’existence de la société. Il conseillait à ses amis les Girondins, la patience et les ménagements; il leur détaillait les causes de leur impuissance; il leur disait que force ne peut rester à la loi, quand la loi n’a point de force; que pour faire des actes de gouvernement, il faut commencer par avoir un gouvernement; que la vérité et la vertu, destinées sans doute à faire le bonheur du genre humain, déchaînent souvent les passions et les forfaits, de même que les lois de la nature, qui établissent en définitif l’harmonie universelle, déchaînent des ouragans qui engloutissent les vaisseaux et ensevelissent 4es cultivateurs sous les débris de leurs cabanes.

Son discours à la Convention était conçu dans cet esprit. « Les excuses de Pache lui semblaient une justification complète. On avait tort d’appeler conciliabules des réunions qui se tenaient publiquement , et conspirations des projets qui n’avaient pas été accueillis. 11 blâmait l’arrestation d’Hébert, et feignait de croire que les feuilles du Père Ducliesne étaient

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