SÉANCE ORAGEUSE I)L 27 MAI
son seul délit; il ne les lisait point et détestait les écrits « où l’on prêche la morale et la raison dans un « langage qui ne leur convient pas. » On avait toujours passé légèrement sur des écrits qui invitaient le peuple au meurtre et au pillage, et Carat ne comprenait pas pourquoi on s’avisait maintenant d’avoir tant de délicatesse.
On ne pouvait dire de telles choses sans exciter de violents murmures dans l’Assemblée; mais les Jacobins témoignaient au ministre leur reconnaissance et l’encourageaient par leurs applaudissements. 11 termina en essayant de rassurer la Convention. « Lu nombreux attroupement assiégeait, il est vrai, la salle, mais une des portes était restée libre et la force armée suffisait pour prévenir tout danger. » Il protesta de son estime et de sa tendre amitié pour les Girondins et pour la commission des douze; mais il les assura que nul danger ne les menaçait et qu’ils n’avaient pas besoin de courage. « Je le répète à la Convention : elle ne court aucun péril; vous reviendrez tous en paix dans voire domicile. »
Le maire donna les mêmes assurances , et affirma plus expressément que l’arrestation d’Hébert était la seule cause des mouvements populaires. 11 nia à peu près qu’il eût donné l’ordre aux sections d’envoyer leurs compagnies aux Tuileries et demanda qu’elles fussent employées seulement à faire des patrouilles; il voulait que l’Assemblée admît les pétitionnaires qui venaient réclamer la liberté des détenus.
La salle de la Convention semblait en ce moment un champ de bataille; ce n’était plus seulement des paroles injurieuses qu’on s’adressait mutuellement; on se menaçait du geste; on était prêt à s’assaillir.