‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 56 sur 138 · L INSURRECTION EST DÉCIDÉE · texte numérisé non relu

L INSURRECTION EST DÉCIDÉE

pétition au nom de la commune de Paris ; elle fut aussitôt envoyée à la mairie, pour être le lendemain présentée à la Convention par toute la municipalité et les commissaires des sections.

Déjà la mise en liberté d’Hébert et des autres détenus avait rendu, aux meneurs de l'insurrection toute leur audace. Vers la fin de la séance du soir, une députation de vingt-sept sections vint présenter une adresse, où la suppression de la commission des douze était requise plutôt que demandée ; les pétitionnaires exigeaient aussi que les membres de cette commission fussent traduits de\ant le tribunal révolutionnaire.

Robespierre, à la tribune des Jacobins, gourmandait la mollesse et l'indécision de Pache. « Si la commune de Paris, à qui sont confiés les intérêts de cette grande cité, ne s’unit pas au peuple, ne forme pas avec lui une étroite alliance, elle viole le premier de ses devoirs ; elle ne mérite plus la réputation de popularité dont elle a été investie jusqu’à ce jour. »

La Convention était troublée par l’attente du nouveau 10 août, qui allait être inévitablement exercé sur elle. Les députations qui se succédaient à la barre étaient à peine écoutées; les délibérations étaient confuses, le vote incertain. L’adresse des vingt-sept sections obtint les honneurs de l’impression; puis, malgré la dénonciation de Marat, et par appel nominal, la même faveur fut accordée à une adresse envoyée de Rouen qui exprimait des opinions opposées. 11 y avait changement de majorité ; trois secrétaires furent élus dans les rangs des modérés ; c’est qu’il était plus de minuit et que les Montagnards avaient affaire ailleurs.

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