LA GUERRE CIVILE. — LE GOUVERNEMENT RÉVOLUTIONNAIRE
La lutte acharnée qui , depuis l’ouverture de la Convention , était engagée entre la Gironde et le puissant parti des insurrections, était parvenue à son terme. Une conduite plus habile, plus de hardiesse dans leurs déterminations aurait peut-être retardé la défaite des vaincus; mais il n’était pas à supposer que la victoire pût jamais appartenir à cette faction , qui n’avait d’éclat que par la parole, de force qu’à la tribune.
La puissance était réellement entre les mains des démagogues depuis le 10 août. Le 31 mai fit disparaître une opposition qui les contrariait et qui parfois avait prédominé sur eux à la Convention; maintenant ils pouvaient étendre, sur tout le territoire de la république, la tyrannie qu’ils avaient établie à Paris.
L’indignation que, dans tous les départements, les honnêtes gens et les amis de la liberté ressentaient contre les Montagnards et les massacreurs de septembre, ne devait pas apporter aux Girondins un grand secours contre les violences de leurs ennemis ; il en était à peu près comme à Paris, où la masse des habitants était manifestement favorable au parti modéré, mais n’avait ni activité, ni courage contre les brigands qu’elle détestait.
D’ailleurs cette honorable majorité de la nation n’appartenait pas à la mêfiie opinion; un commun