LA CONVENTION APRÈS LE 31 MAI
pondait : « Pourquoi pas moi? » Mais cette folie pouvait cacher une pensée plus sérieuse.
Danton était plus alarmé que nul autre des conséquences d'une révolution à laquelle il venait de participer si activement; sauver les Girondins était une pensée qui se présentait à lui au moment même où il consommait leur perte. Plusieurs de ses amis qui , soit par opinion sincèrement républicaine , soit pour se placer dans un sûr asile, étaient venus s’asseoir à la Montagne et sous son patronage , voyaient dans le triomphe de cette nouvelle insurrection, la menace d'une horrible tyrannie ou d’un anarchique désordre; ils pensaient, comme Danton l’avait souvent jugé, qu’on ne pouvait espérer un établissement raisonnable et régulier, qu’en s’associant à ces hommes d’État, sans cesse ridiculisés et dénoncés par lui-même. Ainsi à la gauche , il y avait aussi des représentants qui croyaient que la Gironde était la dernière limite entre la lumière et les ténèbres, et qu’en la détruisant, on tombait dans le chaos’.
Un petit nombre de conventionnels, éclairés ou raisonnables, se résignaient à subir le joug en silence. Entraînés, non point par leurs opinions, mais par les événements, ils tournaient un regard de regret vers la justice et l’humanité. A plus forte raison les trembleurs de la Plaine s’effrayaient de voir la Convention et la France livrées à la domination absolue de cette commune de Paris où , depuis le 2 septembre, était concentrée toute force réelle *; où les idées les plus incohérentes et les plus stupides avaient pris le nom
■ Tbibeaudeau.
• Notice sur Sieyès, écrite par lui-mème en 1794.