IRRÉSOLUTION DES GIRONDINS
l’hôtel de ville furent foudroyées par l’artillerie et leurs blessés mutilés ou massacrés ; une nouvelle attaque meurtrière fut encore repoussée. A dix heures du soir, les hommes de l’hôtel de ville demandèrent une suspension d’armes. Les deux conventionnels les avaient quittés et s’étaient rendus aux insurgés. 11 ordonnèrent à la municipalité de se retirer; le plus grand nombre obéit.
Enfin, le 30, à trois heures du matin, Madinier entra dans l’hôtel de ville. Les municipaux qui y restaient furent emmenés en prison et préservés de la fureur populaire. Châlier fut saisi dans une maison de campagne où il se cachait.
Les deux représentants écrivirent à la Convention que ce mouvement n’avait rien de contre-révolutionnaire, qu’il avait été provoqué par les procédés vexatoires et arbitraires de la municipalité. Les administrateurs du département protestèrent de leur dévouement à la république. Mais les vainqueurs du 31 mai ne pouvaient ratifier cette insurrection contre leurs amis de Lyon. Ainsi il était de toute évidence que la seconde ville de France n’obéissait plus à la Convention.
Le comité de salut public cachait ou atténuait, autant qu’il le pouvait, les informations qui arrivaient de tous côtés , et s’efforçait de ne point laisser connaître l’état de l’opinion dans les départements. Malgré le silence des journaux et l’infidélité de la poste, les députés girondins et leurs amis n’ignoraient point ce qui se passait hors de Paris. Ils pouvaient prendre une forte résolution; le courage aurait dû leur revenir avec l’espérance. Ceux qui étaient compris dans le décret de la Convention , étaient gardés par un gen-