RÉBELLION DANS LES DÉPARTEMENTS
darme dans leur domicile. Peu de précautions étaient prises pour prévenir leur fuite; ils communiquaient facilement avec leurs collègues restés libres. Après s’être consultés ils ne surent point prendre une détermination commune. Gensonné et Vergniaud s’opposèrent à tout projet d’évasion, à toute tentative de résistance appuyée sur la rébellion des départements. Ils voulaient être jugés. Leur courage consistait à braver les comités de la Convention et le tribunal révolutionnaire. ils se reconnaîtraient , disaient-ils , pour coupables, s’ils se décidaient à ce qui leur était imputé.
Fonfrède, sans cesser d’être dévoué à ses opinions et à ses amis , tout préparé à partager leur sort, était plus vif encore contre la pensée de se mettre à la tête d’une insurrection départementale. Ainsi les uns restèrent; les autres partirent sans s’être concertés, sans avoir fixé un lieu de réunion. Buzot et Pétion, le jour même où la Convention était bloquée par Henriot, avaient quitté Paris en fugitifs, sans espoir et sans dessein. Meillan et Duchâtel les avaient imités deux jours après; Barbaroux, Louvet, Salles, Guadet, Lanjuinais, Gorsas, Kervelegan, Brissot, Isnard, Biroteau, Cbasset et plusieurs autres s’en allèrent successivement.
Cependant, dès le 4 juin, le conseil général du département de l’Eure, apprenant les événements du 31 mai et du 2 juin , s'était adjoint deux membres de chaque administration de district, afin d’aviser aux moyens de sauver la patrie. Cette assemblée commença par souscrire une déclaration de fidélité à la république une et indivisible ; mais en même temps une adresse fut envoyée à la Convention pour