‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 71 sur 138 · RÉBELLION DU CALVADOS · texte numérisé non relu

RÉBELLION DU CALVADOS

témoigner quelle indignation inspiraient les violences exercées contre la représentation nationale. Ce sentiment était général dans le département et beaucoup de citoyens demandaient à marcher sur Paris. Une députation envoyée à Paris par le département du Calvados avait assisté aux scènes du 2 juin ; en revenant à Caen, elle s’arrêta à Évreux, fut introduite dans la salle du conseil général, et ses récits animèrent les esprits encore davantage. Puis les délégués annoncèrent que tout le département du Calvados allait assurément se lever pour tirer la Convention de sa captivité.

Ce fut seulement le 7 juin que Buzot, Salles et Bergoing arrivèrent à Évreux; ils se présentèrent à la réunion et parlèrent des dangers qui menaçaient la Convention : ils racontèrent que les soudoyés de Pitt voulaient la dissoudre et perdre la république. Leur présence et leurs discours redoublèrent l’enthousiasme des autorités constituées, de la population et même de la société populaire. >

Caen est une ville beaucoup plus considérable qu’Évreux. L'esprit public y était encore plus animé. Ce pouvait être un centre pour la coalition des départements de la Bretagne et de la Normandie. Les conventionnels s’y rendirent et le plus grand nombre de ceux qui avaient quitté Paris, apprenant que là se rassemblait toute la force de leur parti, affluèrent vers ce rendez-vous. Caen devint le quartier général des Girondins. Ils n’avaient ni concerté ni prémédité une résistance ouverte aux décrets de la Convention. Les premiers d’entre eux, qui avaient quitté Paris, n’avaient songé d’abord qu’à leur sûreté; ce fut le mouvement d’opinion des départements, et plus encore la coura-

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