ACCUSATION DES DÉPUTÉS FUGITIFS
Mais le comité de salut public ne pouvait agir avec les mêmes ménagements envers les représentants qui, en Normandie, semblaient être à la tête du mouvement ; d’autant que Romme et Prieur de la Côted’Or, commissaires en mission, avaient été mis en arrestation à Caen. Pontécoulant, Defermon, Fonfrède et quelques autres modérés pouvaient encore élever une voit courageuse en faveur de leurs amis, et justifier leur fuite en disant qu’il avait fallu se dérober aux poignards; mais ils n’avaient plus aucune espérance d’obtenir la majorité. La Plaine commençait à être rangée sous un joug qu’elle allait porter pendant longtemps.
Après avoir entendu Lacroix , Coutbon et Danton , plus violent que nul autre, la Convention décréta l’accusation de Buzot. Comme la rébellion avait commencé à Évreux et qu’il y était arrivé avant aucun autre député, on lui attribuait une grande influence et même une sorte d’autorité ; de sorte qu’aux Jacobins, et par suite à la Convention, on le nommait « le roi Buzot. »
Le comité de salut public fut chargé de faire un rapport sur les autres députés fugitifs. Les administrateurs qui avaient signé l’ordre d’arrestation contre deux députés fureDt mis de même en accusation : les autres suspendus de leurs fonctions. Sur la proposition de Danton et de Couthon , il fut solennellement déclaré que, dans les journées des 31 mai, 1", 2 et 3 juin, le conseil général de la commune et le peuple de Paris avaient puissamment concouru à sauver la liberté, l’unité et l’indivisibilité de la république.
Il fut aussi décrété qu’un appel nominal constaterait quels députés étaient absents sans excuse valable