ASSEMBLÉE DE RÉSISTANCE A CAEN
vaient songer à compromettre leur vie, leur famille et leur fortune pour donner le pouvoir à Brissot, au lieu de Danton, qui se vantaient, l’un comme l’autre, d’avoir fait le 10 août et conduit le roi à l’échafaud. Un assez grand nombre de jeunes gens qui, de Paris ou de Rouen, seraient venus avec ardeur combattre sous le drapeau blanc, n’y pensèrent plus, lorsqu’ils virent pour quelle canse ils auraient à se dévouer. Lorsque l’assemblée de la résistance lit ouvrir un registre pour recevoir les enrôlements volontaires, dix-sept signatures seulement y furent inscrites.
AIotb on songea à se donner pour défenseurs une association d'hommes de désordre, qui avaient figuré, à Caen, danstouB les troubles depuis les premiers temps de la Révolution , et qui étaient bien plus portés par leurs habitudes et leufs penchants à servir de soldats aux anarchistes. Ils se nommaient les Carabots. L’assemblée les passa solennellement en revue et leur donna un drapeau qu’ils jurèrent de défendre jusqu’à la mort.
Les départements de la Bretagne étaient bien plus disposés à commencer une guerre civile. Déjà, pour défendre l’opinion royaliste et pour atteindre un autre but, des insurrections partielles avaient éclaté dans cette province. On attendait à Caen les bataillons d’Ille-et-Vilaine et du Morbihan. Le mouvement de ces populations avait paru si grave et si décisif à trois conventionnels en mission, qu’ils s’étaient, dans leur correspondance avec le comité de salut public, associés aux vives improbations que les administrations locales faisaient retentir contre le 3f mai et ses auteurs. Afin de conserver la confiance qu’ils avaient obtenue dans les départements insurgés, ils firent