‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 84 sur 138 · APOTHÉOSE DE MARAT · texte numérisé non relu

APOTHÉOSE DE MARAT

et non pas : « H faut un roi ; » et que par chef il entendait un guide, non point un dictateur; il se plaignait d’être abreuvé de dégoûts et se disait malade d’une fièvre inflammatoire. Legendre s’afiligea qu’on eût attaché trop d’importance à une parole dite sans réflexion ; puis , pendant plus de quinze jours, il ne fut plus question de Marat aux Jacobins. Enfin, le 12 juillet, comme on sut que sa maladie devenait plus inquiétante, on envoya savoir de ses nouvelles. Le conventionnel Maure rapporta qu’il l’avait trouvé dans le bain, et que son indisposition n’était point grave : « C’est, dit-il, beaucoup de patriotisme renfermé dans un trop petit corps et dont les efforts le tuent. » Marat s’était, plaint de l’oubli où le laissait la Convention ; les lettres qu’il écrivait n’étaient pas même lues.

Sa mort, si elle eût été naturelle, aurait donc été vue avec indifférence ; peut-être eût-elle paru un incident heureux aux hommes politiques de la Montagne ; il était souvent plus embarrassant qu’utile.

Mais il avait péri assassiné; Charlotte Corday venait du Calvados ; elle était recommandée par Barbaroux à un de ses amis. Faire grand bruit de ce crime, l’imputer aux Girondins , en composer une conspiration, était une conduite fort indiquée» Chabot, au nom du comité de sûreté générale, rendit compte de toutes les circonstances de l’assassinat et des premiers interrogatoires de Charlotte Corday, auxquels il avait pris part; il donna pour certaine la complicité des Girondins. La faction avait voulu faire assassiner les plus énergiques patriotes de l’Assemblée ; les conspirateurs avaient fanatisé l’imagination de cette femme. Chabot termina, en inculpant formellement Fauehel,

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