‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 88 sur 138 · RAPPORT DE SAINT-J LST CONTRE LES GIRONDINS. *21 I · texte numérisé non relu

RAPPORT DE SAINT-J LST CONTRE LES GIRONDINS. *21 I

n’ai qu’un récit simple à vous faire, que des vérités reconnues à vous dire. »

Ce complot si évident et si connu était précisément celui dont le comité de salut public et les Girondins avaient soupçonné Robespierre, Marat et Danton. « Le général Dillon devait se mettre à la tête d’un soulèvement pour placer sur le trône le fils de Capot, déclarer sa mère régente et combattre les Jacobins et l’anarchie. Ce projet, disait le rapporteur, avait échoué le 31 mai. Maintenant Gorsas et Buzot tendaient la main aux rebelles de la Vendée. La preuve de cette accusation, qui présentait si peu d’apparence et qui poussait le mensonge jusqu’au cynisme , était, comme de coutume, un exposé historique remontant aux premiers temps de la Révolution. La conduite de Brissot et de ses amis n’avait été, d’après Saint- Just, qu’une complicité continuelle dans tous les projets formés contre la liberté, la Révolution et la république.

Le moment n’était pas encore venu de demander que le sang coulât à grands flots. Robespierre et Saint-Just, qui venait de se donner à lui, auraient pu ne pas obtenir la majorité; ils n’avaient pas encore reconnu toute la docilité de la Convention. La prudence commandait de ne point se montrer trop ardents à la cruauté. Le rapporteur disait : « La liberté ne sera point terrible envers ceux qu’elle a désarmés et qui se sont soumis aux lois. Proscrivez ceux qui nous ont fuis pour prendre les armes. Proscrivez-les, non pour ce qu’ils ont dit, mais pour ce qu’ils ont fait. Jugez les autres, et pardonnez au plus grand nombre. L’erreur ne doit pas être confondue avec le crime, et vous n’aimez pas à être sévères. Il est temps

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