RAPPORT UE SAINT-JUST CONTRE LES GIRONDINS
que le peuple espère enfin d’heureux jours, et que la liberté soit autre chose que la fureur des partis. Fasse la destinée que nous ayons vu les derniers orages de la liberté. Les hommes libres sont nés pour la justice. La justice consiste à punir ceux qui troublent la terre. «
Saint-Just terminait en répondant aux objections et aux craintes de ceux qui s’épouvantaient de cette terrible juridiction, exercée par l’Assemblée sur ses propres membres, et qui prévoyaient quelle tyrannie et quel carnage allaient en dériver.
« Si le souverain était assemblé, ne pourrait-il pas sévir contre quelques-uns de ses membres? O vous qui le représentez, qui pourrait sauver la patrie, si ce n’élait vous-mêmes? Les détenus avaient donné les premiers l’exemple de la sévérité envers les représentants du peuple; qu’ils subissent la loi qu’ils ont faite contre les autres; ils sont des tyrans, s’ils se prétendent au-dessus d’elle; qu’ils choisissent entre le nom de conjurés et celui de tyrans. »
Le projet de décret déclarait traîtres à la patrie Buzot, Barbaroux, Gorsas, Lanjuinais, Salles,' Louvet, Bergoeng , Biroteau et Pétion pour s’être soustraits à une arrestation ordonnée par la Convention, pour s’être mis en état de rébellion dans le dessein d’empêcher l’établissement de la république et de rétablir la royauté. Un autre article mettait en accusation Gensonné, Guadet, Vergniaud, Mollevault et Gardien comme complices de la rébellion. Les autres députés détenus étaient rappelés dans le sein de l’Assemblée, comme plutôt trompés que coupables.
Ce rapport fut le commencement de la carrière politique de Saint-Just; il avait auparavant obtenu plus ou moins de succès à la tribune, mais il n’avait