‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 90 sur 138 · DÉCRETS CONTRE LES CIRONDINS · texte numérisé non relu

DÉCRETS CONTRE LES CIRONDINS

pas encore pris place parmi les hommes importants de la Convention ; son nom n’était point prononcé dans les querelles des partis; il ne figurait point dan3 les conciliabules où se préparaient les grandes séances de l’Assemblée et les journées d’insurrection. Dès ce moment il compta pour beaucoup dans la politique révolutionnaire ; il entra au comité de salut public pour n'en plus sortir que le jour où il monta sur l'échafaud. Il devint le confident et le serviteur zélé de Robespierre. Ses opinions s'exaltèrent de plus en plus, et sa conduite fut en parfait accord avec son langage ; il n’hésita jamais soit à professer hautement une doctrine conforme à ses actes, soit à traduire en pratique les doctrines qu’il professait. Il réalisa un pronostic qu’il avait répété quelquefois avant de s’être décidé : « Vous voulez la république, elle vous coûtera cher. »

La discussion du décret qu’il avait proposé ne suivit pas immédiatement son rapport. L’assassinat de Marat, la soumission complète de l’Eure et du Calvados, la révolte de Lyon modifièrent jour à jour la situation. Billaud- Varennes eut occasion de faire un long discours qui, comme celui de Saint-Just, était une histoire des Girondins, depuis deux ou trois ans, et de toutes les conspirations dont ils avaient été auteurs ou complices. Le langage était plus lourd et plus grossier; la haine plus ouvertement manifestée : c'était la seule différence. Puis il demandait trois noms de plus sur la liste : Fonfrède, Ducos et Dus» saulx, que Marat lui-même avait voulu épargner.

Avant que la Convention statuât sur le rapport de Saint-Just, elle avait déjà successivement déclaré

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