‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 9 sur 138 · DISCOURS DE GUADET · texte numérisé non relu

DISCOURS DE GUADET

« Vous nous accusez d’être vendus à l’Angleterre , d’avoir reçu l’or de Pitt. Eh bien! où sont-ils nos trésors? Venez, vous qui m’accusez, venez dans ma maison, venez y voir ma femme et mes enfants se nourrissant du pain des pauvres; venez voir l’honorable médiocrité où nous vivons; voyez si mes minces domaines sont accrus; voyez-moi arriver à l’Assemblée, y suis-je traîné par des coursiers superbes? Informez-vous auprès de ceux qui m’ont connu, demandez-leur si je fus jamais accessible à la corruption ; demandez quel est le faible que j’ai opprimé? quel est l’homme puissant que je n’ai pas attaqué? quel est l’ami que j’ai trahi? Pourquoi chacun de nous ne peutil pas dérouler sa vie entière? Les vertus publiques se composent des vertus privées. Je sais combien il faut se défier de celui qui parle dejîans-culotterie au peuple, en même temps qu’il affecte un luxe insolent. Je sais qu’il faut se méfier de ces hommes qui se disent patriotes par excellence et qui ne pourraient souffrir qu’on les interrogeât sur aucune des actions de leur vie privée.

«Je suppose que quelqu’un parmi nous voulût par- • venir à la destruction de la république et de la liberté, qu’aurait-il fait? il aurait commencé par dépraver la morale publique , afin d’avoir des partisans à sa disposition,- il aurait jeté la déconsidération sur l’Assemblée, il aurait essayé de lui enlever la confiance; il aurait semé dans la ville que la Convention habite, l’amour du pillage et du meurtre; il aurait fait entendre des paroles de sang. Si un homme en exécration à toute la France s’était trouvé sous sa main, il s’en serait servi et l’aurait poussé à la Convention nationale; il aurait dicté des lois au corps électoral de

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