‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 94 sur 138 · DÉCRET CONTRE LES ACCAPAREURS · texte numérisé non relu

DÉCRET CONTRE LES ACCAPAREURS

d’Herbois présenta, le 26 juillet, une loi contre les accapareurs, « ces animaux furieux et féroces! 11 faut prendre des moyens surs pour les enfermer dans leur labyrinthe affreux et les faire victimes des crimes qu’ils avaient préparés. Nulle loi n’est plus pressante; la douleur du peuple la sollicite; la différer un instant, ce serait être complice des maux qu'il souffre. L’agiotage et l’accaparement, ces deux monstres hideux et inséparables , ont toujours cherché à dévorer les républiques naissantes.... Quoi de plus nuisible que cette ligue barbare qui médite, jour et nuit, tous les genres d’assassinats, et surtout l'assassinat du pauvre? La nature est abondante et libérale, et les accapareurs s’efforcent continuellement, par des attentats sacrilèges, à la rendre stérile et impuissante. La nature a souri à notre Révolution et la protège; les accapareurs, d’accord avec les tyrans, machinent des calamités et des moyens de contre-révolution. Cette engeance opulente et meurtrière exercera-t-elle à chaque heure, en s’emparant de nos subsistances ou en les détruisant, le droit de vie et de mort sur la société entière? Ces denrées précieuses et bienfaisantes, assurément aucun de ces hommes barbares ne les a fait naître ; ils n’ont jamais aidé à la produc tion d’aucune chose utile. C’est sur la misère et la mort qu’ils calculent, ils envahissent le fruit des sueurs de nos honorables agriculteurs. »

Après avoir érigé ainsi en crime d’État le commerce, intermédiaire nécessaire entre le producteur et le consommateur, Collot d’Herbois défendait sa loi du reproche d’atteinte portée à la propriété. « C’étaient les accapareurs qui, par leurs opérations, voulaient amener la violation des propriétés, afin de calomnier

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