‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 97 sur 138 · ASSIGNATS ROYAUX DÉMONÉTISÉS · texte numérisé non relu

ASSIGNATS ROYAUX DÉMONÉTISÉS

vres n’avaient pas, disait-on, entre les mains des assignats de cent livres. La mesure atteignait les riches, donc elle était bonne.

Danton avait repris toutes ses passions révolutionnaires, et comme il ne savait pas arrêter le torrent, il s’y précipitait. Voilà comme il parlait à ce sujet : « 11 faut que ceux qui possèdent immensément, payent la dette nationale. Quels sont ceux qui supportent la misère publique, qui versent leur sang pour la patrie et combattent l’aristocratie financière et bourgeoise? ce sont ceux-là qui n’ont pas en leur possession un assignat de cent livres. Frappez ! que vous importent les clameurs des aristocrates? Lorsque le bien sort en masse de la mesure que vous prenez, vous obtenez la bénédiction nationale. On dit que cette loi aura un effet rétroactif; c’est une loi politique. Toutes les lois qui ont rasé le despotisme n’ont-elles pas eu un effet rétroactif? — Soyez comme la nature; elle voit la conservation de l’espèce; ne regardez pas les individus. Je ne me connais pas en finance; mais je suis savant dans le bonheur de mon pays. Les riches frémissent de ce décret; il est funeste à ces gens-là, donc il est avantageux au peuple. »

L’homme qui tenait ce langage avait peut-être plus de discernement qu’aucun autre des politiques révolutionnaires. Sans doute ce jour-là il ne croyait pas ce qu’il disait; il aimait trop l’argent pour être de bonne foi en proscrivant la richesse. C’était pour se maintenir et se conserver qu’il s’emportait ainsi hors de toute raison : cela n'était pas même habile comme calcul de circonstance."

Lui-même avait toujours eu la conscience de son

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