RENOUVELLEMENT DU COMITÉ OC SALUT PUBLIC
incapacité à prendre part au gouvernement. Se mettre à la tête d’une décision hardie , donner pour l’instant de l’exécution une sorte d’unité à un mouvement désordonné; en prévoir et en accepter le résultat politique : tel était son génie révolutionnaire. S’imposer une règle de conduite; renoncer à dire en toute liberté et indiscrétion son jugement sur les hommes et les circonstances; se défendre des impressions qui souvent le détournaient de la ligne de ses opinions et lui faisaient oublier ce qu’il avait voulu et accompli la veille : voilà ce qu’on ne pouvait attendre de lui.
Or, le moment était venu pour la faction, où il tenait une si grande place, d’exercer le pouvoir sans obstacle et même sans contradiction. Le comité de salut public devenait un gouvernement. Danton avait senti qu’il ne pouvait l’assujettir et y régner; il ne voulut donc pas être responsable des volontés qui ne lui obéissaient point. 11 vit que la Convention n’avait pas confiance dans ce comité, tel qu’il était composé. Ce fut sans doute à son instigation que Camille Desmoulins, qui était très-inexact aux séances et ne prenait jamais la parole, avait demandé le renouvellement du comité de salut public, en accompagnant sa proposition de dénonciations et d’invectives; car il ne parlait ou n’écrivait jamais que sur ce texte. L’Assemblée procéda le jour même à une élection. Danton n’avait sans doute ni espéré ni désiré rester au comité. Son nom ne trouva point place dans le scrutin. Il avait peut-être cru y voir entrer ses amis et ses créatures; son attente fut trompée. Le comité fut composé de Saint-André, Barère, Gaspariu,