ÉTAT DE L’OPINION
gnards; ils voulurent que Lecointre qui était secrétaire, fût exclu du bureau, puisqu’un décret l’avait déclaré calomniateur. Guffroy, auparavant un des plus violents révolutionnaires, et rédacteur d’un journal écrit dans le langage du Père Duchênc, était devenu l’adversaire et l’accusateur de Joseph Lebon ; on proposa de lui retirer aussi les fonctions de secrétaire. L’Assemblée repoussa cette motion; mais Lecointre donna sa démission. La présidence était renouvelée tous les quinze jours. Bernard de Saintes y fut appelé. 11 était montagnard et avait, comme représentant en mission, cruellement établi le régime de la terreur à Dijon.
La faction révolutionnaire dominait plus réellement aux Jacobins; leurs séances donnaient chaque soir le spectacle des mômes fureurs qu'à l’époque où Hébert et Chaumette étaient les hommes principaux de la société. Maintenant les orateurs et les meneurs étaient Duhem, Carrier, Levasseur, Fayau, Duquesnoy ; mais les temps étaient changés ; ce n’était plus le sentiment de leur force, l’enivrement de leur triomphe qui exaltaient les Jacobins. Tout violent et injurieux que fût leur langage; encore qu’ils n’eussent point perdu l’habitude de la menace et des dénonciations, ils étaient sur la défensive. Le pouvoir n’était plus entre leurs mains ou ne subissait plus leur influence; il n’y avait plus de commune de Paris; la Convention avait supprimé l’autorité municipale. Sous la surveillance de l’administration départementale, plusieurs commissions, nommées par la Convention sur la présentation des comités, étaient chargées chacune d’une des branches de l’administration communale ; les registres de l’état civil étaient tenus dans