RENOUVELLEMENT DU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
Même à la Convention, et malgré l’unanimité qui avait décerné un triomphe aux anciens membres du comité, Tallien n’avait pas été vaincu. Collot d’Herbois et Billaud-Varennes ne se sentaient pas capables de résister aux journaux, aux pamphlets, aux pétitions. Parmi les représentants qui les avaient défendus, la plupart n’avaient pas envie de livrer souvent de pareils combats.
Deux jours après le vote qui avait repoussé l’attaque de Lecointrc, Treilhard annonça que, selon le nouveau règlement, le comité avait procédé au tirage au sort pour savoir quels seraient les trois membres sortants. Le sort avait désigné Carnot, Lindet et Barère; en même temps Billaud et Collot déclarèrent qu’ils donnaient leur démission. Cambon voulait que la Convention refusât de l’accepter; il ne fut pas écouté; mais on décréta que, vu ces deux vacances, un seul nom serait désigné par le sort.
Alors Tallien, sans doute par une convention conclue d’avance, donna aussi sa démission , sacrifiant, disait-il, tout amour-propre et tout ressentiment sur J’autel de la patrie. Barère ne réclama point contre sa désignation par le sort, dont la démission de Tallien aurait pu annuler l’effet.
Le scrutin donna pour remplir ces quatre vacances, Delmas, Cochon, Fourcroy et Merlin de Douai.
Sept membres nouveaux entrèrent dans le comité de sûreté générale ; ils étaient pris de même dans les rangs de la gauche. Les modérés et la Plaine ne se mettaient pas encore en scène; ils ne formaient pas un parti et conservaient leur habitude de silence et de nullité.
Ainsi la majorité semblait acquise aux Monta-