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ÉTAT DE MARSEILLE

point pour le venger. Quant à la jeunesse réactionnaire de Paris, elle était plus occupée maintenant à exercer son influence sur la marche générale de la Convention qu’à tirer vengeance du passé; il s’agissait plutôt en ce moment de combattre le parti qui voulait faire renaître la Terreur que de punir les instruments qu’elle avait employés.

Ce n’était pas à Paris seulement que l’ordre publiq était en péril. Des passions plus vives, des instincts moins civilisés, une réciproque ardeur de vengeance troublaient les départements du midi. La victoire qui avait été remportée sur les Jacobins, la tranquillité que les représentants Auguis et Serres avaient rétablie n’avaient pas eu un effet durable. Trois mois après, Cadroy, qui venait d’y être envoyé en mission, écrivait: — « Les terroristes et les voleurs inspirent l’effroi dans cette ville. Le tribunal, qui devait juger les auteurs de la révolte, a été insulté : le représentant Espert a eu la faiblesse de suspendre la procédure et de faire mettre eu liberté plusieurs prévenus. Depuis lors on crie : « Vivent les Jacobins ! vive la Montagne! » Les factieux ne dissimulent pas leurs espérances. Les têtes fermentent; les cannibales annoncent qu’ils joueront bientôt à la boule avec les têtes des coquins de modérés. — « Nous avons eu, disent-ils, du sang jusqu’à la cheville; bientôt nous en aurons jusqu’aux genoux ! » — Un grand nombre de négociants quittent la ville. Les patriotes exclusifs sont armés, ils comptent profiter du départ de la garnison pour égorger les bons citoyens. »

Ces informations décidèrent la Convention à maintenir Marseille en état de siège, à ordonner que la procédure contre les révoltés reprendrait son cours ;

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